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Goupil ou face, la boutique de jeux qui mise sur la passion et le conseil

Géraldine et Pierre devant la boutique Goupil ou face

Par Avalon | Lecture : 5 min

Géraldine et Pierre ont repris la boutique Goupil ou face en août dernier. Entre apprentissage express, période de Noël en flux tendu et rêve de salon ludique, ils racontent leur aventure de passionnés devenus commerçants.

Au 7 rue André Saigne, au cœur de Périgueux, la boutique Goupil ou Face n’a pas seulement changé de mains. Elle a trouvé un nouveau souffle. Depuis août dernier, Géraldine et Pierre, deux passionnés de jeux de société, ont repris ce lieu que beaucoup de joueurs périgourdins considéraient déjà comme un repaire. Un pari audacieux pour ce couple qui n’avait aucune expérience du commerce spécialisé, mais une conviction chevillée au corps : le jeu de société rapproche les gens.

Du jeu dans le sang
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Chez Géraldine, le jeu remonte à la petite enfance. « Je ne me souviens pas de moi sans un jeu », confie-t-elle. Puzzles coulissants dès 4 ans, jeux de cartes italiens avec sa grand-mère — Scopa, Briscola —, batailles navales et Risk avec un grand frère passionné, jeux de société avec un oncle directeur d’école… Titulaire d’un bac+3, elle a longtemps travaillé dans la gestion et le management avant de basculer dans l’univers du commerce ludique.

Pierre, lui, est venu au jeu moderne par la Formule 1. « En 1991, j’ai découvert Formula D. Comme je suis passionné de F1 et de jeux de société, c’était le jeu parfait. J’ai fait toute la collection », raconte cet ancien opticien de 25 ans de métier. De là, il a exploré tout le jeu de société moderne, de l’As d’Or aux dernières sorties expertes.

Une reprise par passion, pas par calcul
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Quand Irwin, le précédent propriétaire, les contacte pour leur proposer la reprise, Géraldine et Pierre n’hésitent pas. « Nous avions vraiment envie de faire quelque chose ensemble. C’était soit la moto, soit le jeu de société. Mais il était hors de question que ce magasin disparaisse. » Le couple rachète le « package » : stock, fichier client, identité. La passation avec Irwin se fait naturellement. Géraldine réalise une immersion de 15 jours auprès d’Irwin pour découvrir le logiciel, le fonctionnement du magasin et tant d’autres choses. Irwin avait préparé une liste des priorités à voir absolument et nous a assisté un mois complet lors de la reprise tout en étant joignable par la suite lorsque nous avions besoin de ses connaissances ou de ses conseils.

Malgré nos bonnes volontés mutuelles, les débuts ne sont pas faits sans embûches. Le TPE qui plante, le logiciel de gestion non maitrisé qui modifie les prix tout seul, le manque de documentation… « Tout ce qui était technologique, ça a été la galère », reconnaît Géraldine sans amertume. Parce que le reste — l’accueil des clients, le conseil, le plaisir de parler jeux — coulait de source.

« Se faire plaisir en faisant plaisir. C’est l’ADN de la boutique. »
Géraldine

Apprendre en marchant
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Arriver en plein mois d’août avec un stock de jeux qu’on ne connaît que partiellement, des touristes qui veulent des conseils et des nouveautés qui défilent : le défi est de taille. Géraldine s’impose une discipline : apprendre chaque jour trois jeux enfants, trois jeux tout public, trois jeux famille. Les jeux experts, elle les laisse à Pierre. « Je ne voulais pas faire semblant. Les joueurs experts viennent te parler de mécanique, de jeu asymétrique… Ce n’est pas du tout le même langage. »

La complémentarité du duo est leur force. Géraldine, polyvalente et spécialiste des jeux pour enfants, excelle dans l’accueil et le conseil de proximité. Pierre, joueur expert compétitif, maîtrise les références pointues et gère les commandes avec rigueur. « Même Irwin m’avait dit : tu ne peux pas connaître tous les jeux. La dernière fois qu’il est venu, il a fait le tour et a dit : “Ça y est, je suis déjà largué.” »

L’épreuve du feu : Noël en flux tendu
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Six mois après la reprise, le premier Noël est passé comme un ouragan. Des commandes quotidiennes, des palettes de jeux qui débordent des vitrines, des horaires élargis aux dimanches et lundis. « On était en pilotage automatique. On ne s’est rendu compte du travail effectué que mi-janvier », sourit Géraldine. Le couple a dû remonter un stock quasi inexistant — deux mois sans commande entre l’annonce de la vente et la reprise effective — tout en se démarquant des grandes enseignes.

« Quand les gens venaient avec le catalogue Jouet Club, on leur disait : “Ça, c’est chez Jouet Club, c’est tout droit.” Il fallait vraiment se démarquer avec du conseil et de la sélection. » Le pari semble gagné : les ventes de Noël ont confirmé l’ancrage de la boutique dans le paysage périgourdin.

Skyjo, Flip 7 et la montée des jeux d’ambiance
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Quelles tendances observent-ils depuis leur poste privilégié ? Une explosion des jeux d’ambiance simples, avec des parties de 10 à 20 minutes : Flip 7, Trio, Cracklist. « Depuis décembre, on vend plus de Flip 7 que de Skyjo », note Pierre, chiffres à l’appui. Skyjo, longtemps intouchable en tête des ventes, se voit talonné par le nouveau venu. Derrière, Toy Battle et Take Time surprennent par leurs ventes, dans une gamme début initié à 25 €.

Les jeux à deux connaissent aussi une explosion, au point que le couple leur a dédié un espace dans la boutique. Les jeux en bois reviennent. Et côté experts, la tendance est à des parties plus courtes.

Bâtir une communauté, pas une franchise
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L’ambition de Géraldine et Pierre ne se mesure pas en chiffre d’affaires, mais en liens créés. Leur rêve ? Un salon ludique indépendant, dans un local dédié, avec tables de jeu, coin enfant et petite restauration. Pas un bar à jeux, mais un vrai lieu de rencontre où les associations pourraient venir animer des soirées, où les joueurs de tous niveaux se croiseraient. « Je ne veux pas développer une franchise. Je préfère qu’on parle de nous en disant : “À Périgueux, on a une super communauté de joueurs.” Je veux rester le petit cœur de Périgueux », affirme Géraldine.

Le couple travaille déjà avec plusieurs associations locales — l’Avalon, les aventuriers du Deck, l’Isle o Joueurs —, des médiathèques et des écoles. Ils échangent régulièrement avec les Jeux Barjot, l’Atelier B de Bordeaux, bar à jeux référence, afin d’avoir leur avis, leur recul. Le projet de « défi du mois » — un jeu à l’honneur chaque mois avec classement en magasin — devrait voir le jour dès le mois d’avril.

« Pas besoin d’être joueur, juste curieux. »
Pierre

Un lieu où l’on revient
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Quand on leur demande ce qu’ils veulent que les gens ressentent en poussant la porte, Géraldine n’hésite pas : « Une sensation de bien-être et de détente, comme s’ils entraient chez des amis. On veut que les gens viennent ici en se disant qu’ils ont passé un bon moment, qu’ils aient acheté ou pas. Un endroit d’où tu pars et où tu as envie de revenir. »

Et quand on leur demande quel jeu ils recommanderaient les yeux fermés pour découvrir le hobby ? « Toy Battle », répondent-ils en chœur du tac au tac. Pas de grande théorie, juste l’envie de partager. C’est peut-être ça, finalement, l’ADN de Goupil : faire découvrir avant de vendre, et s’amuser avant tout.


ℹ️ La boutique est ouverte du Mardi au Samedi de 10h00 à 19h00. Vous pouvez retrouver toute l’actualité de la boutique sur Facebook, Instagram ou sur leur site internet.

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